Au sortir de la cage

Le Nord, la Frontière Sauvage, voilà le cadre de la campagne dans les Royaumes Oubliées.
Notre groupe pensait sauver le Nord de la menace du Clergé de Baine.
Jouets du Destin, Beshaba ria surement de les voir découvrir que leur ennemi était le seul rempart à la menace bien plus grande d'une invasion Zhentarim dans la région
Répondre
Avatar du membre
planescaper
Membre
Messages : 48
Enregistré le : 24 mai 2011, 15:21
Localisation : Viry-Chatillon

Au sortir de la cage

Message par planescaper » 04 octobre 2016, 20:14

Le paysage semblait morne. Le géant des collines survivant s’éloignait déjà dans le couchant, portant avec peine, les besaces pleines de ses frères morts au combat.
Sa démarche était chaloupée, et le pas lourd. Il n’était pas sans évoqué un homme des cavernes.
Le combat avait été terrifiant, voire titanesque.
Sans l’intervention providentielle des trois géants, vous seriez encore sans doute derrière vos barreaux, sans rien pouvoir y faire, l’objet des railleries et des coups.
Une semaine, oui, une semaine que vous attendiez l’opportunité de pouvoir faire quelque chose depuis l’intérieur de votre cage.
Mais hélas, les hommes-bêtes vous tenaient alors sous étroite surveillance.
Leurs rires hystériques de hyènes sadiques vous étaient devenus insupportable.
Etre traité comme des chiens et ne se voir jeter que les os de leurs repas avaient été humiliant
Se faire pisser dessus par ces chiennes, juste pour montrer que vous leur apparteniez
Ou encore vous faire pisser le sang à coup de lances à travers les barreau jour et nuit
Tels sont les sévices des gnolls
Vous n’êtes pas près d’oublier.
Même mortes, elles semblent se foutre de vous avec leurs gueules ouvertes sur leurs petits crocs, alors que leurs langues pendent au dehors.
Ces hommes-bêtes n’étaient que cinq, mais leurs montures étaient tout ce qu’il y a de plus monstrueux
Que dire de hyènes géantes avec des dents de sabre, sinon qu’à votre connaissance, personne n’en croise, ou n’est revenu pour le rapporter.
Alors de là à les nommer
Sans un mot, chacun commença à s’emparer de ses biens et effets personnels.
Pour l’un ce fût une cuirasse dont les sangles durent être réajuster, pour l’autre c’est un gros ceinturon avec une épée trop encombrante, trop lourde pour aller sur une être si chétif, presque recroquevillé sur lui-même.
Wara
Derdre
Tordek bougonnait il pour lui-même (sans que jamais il ne réalise le faire ainsi), ou pour combler un silence pesant ?
- « Et maintenant ? On se rend où ? » lâcha Krevish
- « A Lunargent », lui répondit du tac-au-tac, Wara, la roublarde demie-orque
- « Je pense qu’avant de partir, et puisque nous pouvons à présent parler sans être transpercer d’une lance, il faut peut-être se demander qui nous en entrainer dans ce bourbier sans nom !? »
Tordek était moins à l’aise qu’à l’accoutumée. Il ne bougonnait plus. Il avait un air gêné
- « C’est à dire que le prêtre de Lathander et moi avons entendu un appel de détresse dans la nuit.
Nous sommes partis porter secours, non sans réveiller quelqu’un du groupe, et avant que nous ne le réalisions, nous étions face à l’ennemi

- « Face à l’ennemi !? Face à l’ennemi en nombre voulais tu dire ! et inconsidérément aussi, compte-tenu qu’à deux vous ne pouviez rien faire !
Qui est assez idiot alors que nous avons rencontré des orques en bande, et des gobelins, voire même nous aurions pu rencontrer des trolls… qui est assez idiot pour se jeter à 2, dans un combat désespérer ?
Vous vouliez nous tuer ? demanda le petit homme rouge de colère derrière sa paire de lunettes à double foyers.
Il semblait tout à coup ne plus contenir sa rage, au point d’oublier qu’il n’était lui-même qu’un piètre aventurier.
Il semblait animer d’une fureur tel qu’il était prêt à en découdre avec un nain, ou un prêtre voire les deux. En fait, il était à bout, et il avait craquer littéralement, en déversant toute sa colère tel un fleuve rugissant

Ne sachant qu’ajouter, tout le monde, gêné se mura dans le silence un moment. Le temps peut être, que la vague de colère retombe

C’est ce moment-là que choisi Derdre de la tribu de l’élan, pour remettre bon ordre :

« Si vous n’avez pas de chef et que vous ne savez pas vous mettre d’accord moi je veux bien être la chef et vous mettre tous d’accord.
Et si quelqu’un veut me défier, ou si je dois défier quelqu’un, c’est le moment ! »

Il est vrai qu’appartenant à une tribu de brigands, de bandits, vouant un culte exclusif au Destructeur, ne lui avait pas permis de connaitre autre chose que des rapports de force et de méfiances.

Elle savait ne devoir, ni ne pouvoir faire confiance à personne.

Pourtant personne ne la défia, mais unanimement, le groupe se tourna vers elle.
« Tu es qui toi, pour croire qu’on va te prendre pour chef ?
Une prisonnière des hyènes comme nous ! Voilà ce que tu étais ! Et avant, tu disais chercher ton frère.
Tu peux bien repartir de là d’où tu viens avec ton frère.
Sinon, tu peux aussi te joindre à nous, pour l’heure.
La frontière sauvage est inhospitalière et ne regarde pas si tu es humaine ou pas et là d’où tu viens.
C’est juste les hommes contre les bêtes ! »

Derdre ne se départie pas : « Vous oubliez que c’est moi qui vous ai libéré, en tordant ses barreaux ! »

Tordek répondit : « Sauf erreur, nous fournissions tous un effort avec toi pour cela, et je ne vois pas en quoi tu en aurais plus de mérite ?»

Derdre : - « Peut-être, mais toute seule je suis sûre que j’y arrivais ! »

Tordek : - « Bon, nous allons à Lunargent ! ET c’est surement là que nous nous séparerons.
Tu suis, ou tu ne suis pas, fais comme bon te semble !»

Tordek déglutit, et regarda autour de lui.
A sa gauche se tenait des rocheuses et à sa droite, sa vue portait aussi loin que possible sur de la plaine.
Compte tenu que le convoi était passé non loin de Lunargent quelques jours auparavant, et s’il se fiait à son sens de l’orientation, il devait s’agir des très anciennes montagnes de Nether.

Le nain reprit vite son air bougon :

« C’est par là qu’est Lunargent ! » dit-il en en effectuant quasi demi-tour.
« Et nous devrions y être dans moins d’une semaine. Quatre jours si vous ne trainez pas en route et si vous cessez de vous plaindre ! »

Wara, la demie-orque fut la première à lui emboiter le pas. Elle avait le sourire.
Et qu’importe ce qu’en pensaient les autres, elle sentait vraiment qu’elle faisait partie de cette troupe. Elle était une aventurière. Et elle s’était sortie des griffes d’abominables créatures.
Bref, fini les petits larcins. Fini la mise au banc. Ici elle était vu comme ses pairs aventuriers
Elle n’était pas une humaine ou une elfe maniérée, elle n’avait pas de jolie robe de soie, mais elle était leur semblable et elle en était fier.

Bien sûr, son enthousiasme était inébranlable.

C’est un peu cette attitude qui sortit Krevish de sa colère, et ses sombres pensées.
La voyant ainsi, pleine d’espoir, il se reprit. On ne rencontre pas tous les jour une demie-orque ayant le sourire (aussi curieux celui-ci eut il semblé)

Marvin le rouge avait disparu depuis bientôt une semaine.
Certains se demandait s’il n’aurait pas été pris à revers et tué.
Peut-être était-il vivant, et avait il prit la fuite !?

Personne n’était capable de dire s’il avait suivi, et assisté à la chute des autres membres du groupe

Tout le monde reprit bientôt ses habitudes de route, comme si rien ne s’était passé. C’était ça aussi la vie d’aventurier, l’oubli.

Néanmoins, il y avait des choses difficiles à oublier, comme le fait de se rendre à Lunargent pour un certain festival, et d’espérer par cette démarche, peut-être, avoir assez d’éléments pour sauver le Nord de l’invasion du Zhentarim.

La nuit tomberait bientôt et nos héros se répartir promptement les tâches.
Certains iraient chasser comme Tordek, Derdre et Krevish, alors que d’autres prépareraient un feu.

Répondre