[B&B] Beasts & Barbarians

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XOdeVorcen
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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par XOdeVorcen » 17 février 2018, 22:54

Les pérégrinations de Valdina

Quand j’ai préparé le scénario précédent, Zoé devait être présente. Son absence au dernier moment m’a quelque peu pris de court et j’ai dû conserver sous le coude quelques bricoles que j’avais préparées. Comme le contexte ne se prête pas à pouvoir les replacer ultérieurement, j’ai décidé d’écrire une micro nouvelle et de préparer la prochaine aventure qui devrait être jouée en deux séances dont au moins la première sans Valdina. J’emprunte un peu leur personnage aux Joueurs et j’espère ne pas les dénaturer. Si tel était le cas, je corrigerai le récit pour aller dans le sens de la vision qu’ils en ont.

Peut être lu sans soucis.
Spoiler:
Depuis la palissade du Fort Vanguard, Valdina regarde Conan descendre la sente menant au bac reliant les rives de la Hachedieu, le fleuve séparant les Terres Frontières de son natal Nordeim. Ce dernier est sous haute surveillance afin de prévenir tout raid armé nordlander, rôle échu à la garnison locale.

Le groupe s’est donné rendez-vous ici même à la seconde pleine lune, le temps pour Conrad de visiter sa famille et pour Lexa l’Amazone d’enseigner quelques rudiments de défense à une femme maltraitée par son époux. Sans la présence d’un garant en ces lieux, il est probable que Conrad se fasse refouler faute de marchandises justifiant son retour de ce côté-ci de la frontière.

Quand enfin le barbare disparait en s’enfonçant entre les arbres du rivage opposé, Valdina décide de profiter du reste de la journée ensoleillée. Bien moins brutal que chez elle, le soleil est ici plus sournois : il chauffe d’un côté laissant l’autre au frais, ne monte jamais tout à fait au zénith tout en cuisant la nuque ou éblouissant et surtout se lève plus tôt et se couche bien plus tard que dans la Savane d’Ivoire, laissant Valdina éreintée par la longueur des jours et la fraîcheur des nuits.

Pendant deux jours elle visite les environs, découvrant une faune variée, des plantes pleines de promesses gustatives ou curatives et surtout prenant grand plaisir à s’aventurer sous les frondaisons des géants. Chez elle, les arbres sont plutôt rares et disséminés et nul ne s’aventure volontiers dans la jungle au Sud, territoire des redoutables pygmées. Elle retrouve ici les mastodontes végétaux de son rêve récurrent, de sa vision.

Mais rapidement le soir au Fort, le regard des hommes commence à lui peser. Si sa couleur de peau a quelque peu surpris au début, sa féminité dans ce monde masculin d’exilés volontaires – cinq ans de service pour gagner une terre a-t-elle compris – lui attire rapidement des attentions indésirables quoique contenues pour le moment.
C’est ainsi qu’au troisième sur une imulsion la chasseuse emprunte à son tour le bac, se lançant sur les traces de Conrad, espérant le rattraper avant que sa piste ne refroidisse, profitant dans l’intervalle de sa solitude.
Après des jours Valdina doit reconnaître à contrecœur que si elle a pratiquement comblé son retard, cela lui a pris trois fois le temps qu’elle pensait. Quand elle marchait avec Conrad, celui-ci ménageait des pauses régulières. Chez elle, la chasseuse était une marcheuse infatigable se réglant sur le lever et le coucher du soleil. Ici elle a simplement présumé de ses forces sans tenir compte de la longueur des jours.

C’est donc épuisée qu’enfin elle l’aperçoit dans un paysage de colline sur la crête suivante aux prises avec des agresseurs. Le temps de rejoindre les lieux de la bataille que Conrad et son compagnon ont déjà disparu. La chasseuse regarde les corps. On les dirait moitié hommes, moitié singes. Ils portent des peaux de bête et des gourdins. Avant même d’avoir pu relever les traces de son ami, Valdina entend des pas s’approcher. À peine a-t-elle le temps de mettre à couvert qu’une quinzaine de ces créatures arrivent à leur tour sur les lieux avec forces grognements. Ils étudient le sol puis commencent à suivre le sentier. La chasseuse décide de les suivre à distance et en parallèle, un fort contingent semblant arriver à son tour.

Bien lui en a pris car cela lui permet de tomber sur la piste de Conrad et son compagnon blessé quand ils ont quitté la piste. Les hommes singes continuent sur le chemin sans s’apercevoir que leur proie l‘ont quitté. Mais les impératifs de prudence lui ont fait perdre une bonne heure.

Une étrange attente fiévreuse s’empare de la fière guerrière alors qu’elle grimpe une colline. Peu à peu le paysage gagne en familiarité, se mettant en place comme dans un rêve. Ou plutôt comme dans son rêve. Le sommet atteint, tout est là : la rivière qui serpente tranquillement, la maison nichée dans une boucle avec son jardin accolé. Il faut quelques instants à Valdina pour faire la part des choses. La maison n’est pas intacte mais au deux-tiers détruites par un incendie ancien et le potager n’est plus entretenu, la nature ayant déjà en grande partie repris ses droits. La tombe qui le jouxte n’était pas dans sa vision non plus.

C’est en proie au vertige que Valdina visite les vestiges. Ici un combat récent avec un fauve gigantesque qui avait dû faire de la ruine son repaire. Là un peu de charpie sanglante laissant à penser que les hommes ont eu le temps de se soigner avant de reprendre leur route. Le fumet de la bête est suffocant, la poussière danse dans les rayons du soleil…
La chasseuse reprend conscience face contre terre, agitée de frémissements. Elle se relève toute courbaturée et c’est titubante qu’elle commence à suivre la rivière. Des clameurs au loin attirent son attention. Se cachant de son mieux, elle voit de loin Conrad avec sept compagnons menant grand battage. Elle voudrait les rejoindre mais des hommes singes sont entre elle et eux. Une nouvelle fois elle progresse en parallèle, devant même franchir la froide rivière qui fait quelque peu baisser sa fièvre, lui rendant un semblant de lucidité. Se guidant sur les cris des traqueurs, elle entraperçoit une fois le groupe. Il ne semble être plus que trois. Il est maintenant clair qu’il ballade leurs poursuivants, les attirant plus avant vers les hauteurs. Ayant compris cela, Valdina s’empresse de couper pour tenter une jonction sans avoir à traverser les lignes des créatures.

Alors qu’elle est sur un surplomb, elle distingue en contrebas des hommes singes échelonnés pour rabattre leurs gibiers. Quand le groupe de barbare cherchent à passer, Valdina voit le plus proche se préparer à donner l’alarme pour rameuter ses compagnons. Profitant de sa position surélevée, elle prépare une javeline sur son propulseur. Alors qu’elle se tend en arrière pour donner de la puissance à son trait, une flèche traverse la sentinelle à la gorge. Valdina en cherchant l’origine a à peine le temps d’entrapercevoir un colosse, un homme et une femme disparaître sous les couverts. Comme elle ils semblent chercher à éviter la meute. Comme elle, ils semblent favoriser les proies alors qui disparaissent par un col.

La chasseuse reste embusquée sur son surplomb à contempler la tribu d’hommes bêtes passer peu à peu.
Elle se réveille en sursaut alors qu’un linge frais vient lui baigner le front. Elle est de retour dans la ruine. Elle ignore comment. Conrad s’active à ses côtés. Il est venu accomplir les rites funéraires sur la tombe de sa femme et de sa fille et a eu la stupeur de retrouver Valdina fiévreuse sur la litière de l’ourse. Trois jours se sont passés depuis la grande traque dont Valdina n’a aucun souvenir.

Le barbare ramène au hameau une chasseuse très affaiblie et c’est non sans inquiétude qu’il la confie à la guérisseuse. Celle-ci se veut rassurante. L’étrangère souffre d’une affection bénigne touchant généralement les enfants en début de mauvaise saison.

C’est ainsi qu’après une lune sur place, le groupe enrichi de Zelfim, un Tricanien soucieux de rejoindre la civilisation, prend la route du Fort Vanguard pour leur rendez-vous avec Lexa et Shandara Qween.
Valdina semble remise quoiqu’encore un peu faible. Des bribes commencent à remonter peu à peu de ses trois jours de fièvre mais encore trop indistinctes. Aurait-elle eu une nouvelle vision venue chassée la précédente ?
Modifié en dernier par XOdeVorcen le 03 avril 2018, 15:06, modifié 1 fois.

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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par XOdeVorcen » 17 février 2018, 23:17

@Necraque : pas de notes mais comme je connaissais le gros de l'intrigue et j'ai fait ce compte-rendu tant que c'était encore frais. Le premier scénario, je vais avoir plus de mal surtout si je ne me presse pas. :oops:

Je te laisserai faire lire à Zoé si elle le désire le texte précédent ou lui résumer. Comme elle ne sera pas présente la prochaine séance pour le prochain scénario, Valdina va faire une petite rechute. :P Comme ça si Zoé veut assister à la suite, on dira que son PJ est suffisamment remis finalement. ;)

@Ohlen's : merci beaucoup. :D
Le meneur est aussi un joueur et prend aussi du plaisir dans la partie. Mais franchement, l'essentiel de mon plaisir vient de celui que les autres joueurs éprouvent. Donc n'hésitez pas à me dire quand ça vous plait mais aussi quand ça vous déplait que je puisse m'adapter.

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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par Dyce » 19 février 2018, 13:15

Me souviens plus.....on joue ce vendredi ??

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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par XOdeVorcen » 19 février 2018, 13:34

Yep ! :)

Pour la planification, je mets ça dans la section Activités dans la discussion Vendredi 23 février - B&B (JdR). J'en modifie le titre d'une fois sur l'autre.

Ce sera le scénario officiel Des loups dans les Terres Frontières qui commence au Fort Vanguard. :D

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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par XOdeVorcen » 26 février 2018, 19:27

Des Loups sur les Terres Frontières

Partie 1 le 23 février 2018 avec Conrad le barbare norlander, Lexa l’amazone ascaïenne et Shandara Quinn la poétesse jalizarienne.

Scénario officiel. Ne pas lire si vous espérez le jouer.
Spoiler:
Après un voyage sans histoire Lexa et Shandara arrivent à Fort Vanguard avec une grosse poignée de jours d’avance pour leur rendez-vous avec Conrad à la dernière pleine lune de l’été. Une sentinelle semblant souffrir d’une extinction de voix tente de leur adresser une mise en garde alors qu’elles gravissent la colline permettant au fort de dominer la Hachedieu. Peine perdue, nos voyageuses franchissent le portail pour apprendre que la garnison apathique est en quarantaine et elles aussi dorénavant.

Une épidémie de fièvre blafarde sévit et la soldatesque se traîne d’un air épuisé, le teint livide, les traits aussi tirés qu’après une pleine semaine de bamboche. Le commandant Voorhees se veut rassurant. Un mire ne devrait plus tarder à arriver pour soigner cette maladie. Ces hommes de l’art savent parfaitement la soigner pour peu que le foyer en soit contenu et éviter l’issue généralement fatale. Un détachement d’une dizaine de mercenaires des Loups de la Frontière est également en quarantaine depuis une bonne lune.

C’est avec étonnement que nos deux héroïnes apprennent l’absence de Valdina. Elle avait décidé de rattraper Conrad malgré deux jours de retard. Ce n’est que trois jours plus tard que Conrad les rejoint avec Valdina titubante qui semble déjà atteinte par la fièvre ainsi qu’un Tricanien du nom de Zelfim qui en montre les premiers symptômes.

Le lendemain en milieu de matinée, deux cavaliers aux couleurs des Loups de la Frontière se tiennent à portée de cri. Ils informent le commandant de la place et le reste de l’assemblée avoir trouvé les traces d’une embuscade. Il semblerait que ce soit le fait d’un groupe de Caleds et qu’ils aient enlevé cinq personnes selon les traces qui mènent droit à l’embarcadère au pied du fort. Ils ont dû arriver dans la nuit et repartir de même sur un radeau en utilisant les haussières du bac assurant le passage sur le fleuve. Une fois leurs nouvelles délivrées, les cavaliers font demi-tour, pressés de s’éloigner du lieu infecté.

Le commandant Voorhees réunit à la hâte le chef du détachement des Loups et les personnes valides. Les comptes sont vite fait : trois étrangers de passage, Conrad, Lexa et Shandara, ainsi que quatre mercenaires : Rufus et son frère Pontios, des Frontaliers, Leus le Syranthien et N’Goba de la lointaine Savane d’Ivoire. Si Rufus semble avoir totalement échappé à la fièvre, les trois autres en semblent remis ou du moins sont en rémission. Les autres compagnons, Valdina et Zelfim, sont actuellement alités suite à une atteinte fébrile. Le commandant demande au commando ainsi constitué de traquer les Caleds et de ramener le mire, seul espoir de guérison à des jours de voyage à la ronde. Sa venue lui avait été annoncée par pigeon et outre son assistant il disposait d’une escorte de trois soldats.

Le groupe est amené par le bac jusqu’à la rive opposée où Lexa commence à pister. Le passage date de quelques heures mais les prisonniers bousculés laissent des traces assez facile à suivre. Les trois soldats ont laissé la marque de leurs sandales cloutées, un adolescent ou une femme marche pieds nus et le dernier otage semble être une femme convenablement chaussée. Par contre leurs ravisseurs semblent marcher nu pied avec discrétion et l’amazone n’arrive pas à les dénombrer précisément.

Aussitôt sur la rive, le groupe a remonté le long du fleuve, droit vers l’orée de la Forêt Noire, territoire des druides caleds. En moins d’une heure, l’orée est en vue sous le chaud soleil de cet fin d’été. Le passage sous les frondaisons est brutal. D’abord la pénombre et la fraîcheur qui l’accompagne, les rayons du soleil ne perçant la canopée que pour se perdre sur les troncs ou les feuillages sans plus atteindre le sol. Puis ce silence total, les arbres semblent se retenir de bruisser, aucun oiseau ne chante, aucun insecte ne stridule. Seul le chant d’un petit ruisseau tinte parfois dans ce silence oppressant. Et enfin cette sensation permanente d’être observé sans jamais repéré personne. Peu à peu, les rares paroles échangées se murmurent. Le groupe se resserre instinctivement. En fin d’après-midi Conrad allume une torche et le feu crépitant leur dispense une chaleur réchauffant jusqu’à leur âme alors que le groupe s’agglomère d’avantage encore.

A la tombée de la nuit Lexa annonce qu’ils ont compensé la moitié de leur retard mais elle ne saurait continuer dans la pénombre. Il est temps de dormir, ou du moins d’essayer. Des tours de garde sont mis en place. Les ténèbres au-delà du maigre îlot de lumière du feu de camp semblent hostiles et pourtant la nuit se passe sans la moindre alerte.

Le groupe se remet en marche dès l’aube et constate que les ravisseurs ont marché la moitié de la nuit avant de faire une halte dans des nids de fougères. Il faudra encore une journée complète avant d’entendre peu avant le crépuscule des sanglots percer le silence hostile. Shandara part en éclaireuse. Une clairière avec huit huttes de branchage et un grand feu central, trois sentinelles visibles armées de javelines à pointe de pierre, trois chevalets sur lesquels des corps nus ont été ligoté avec des lianes encore vertes et une cage en bois d’où proviennent les pleurs.

Une rapide concertation avec la volonté de mener l’assaut avant le crépuscule, un déploiement avec deux mercenaires sur chaque flanc, un archer et un javelinier, Conrad en revers gauche, Lexa et Shandara de face. Alors que Rufus et Leus s’approchent par la droite, ils repèrent une quatrième sentinelle et un quatrième chevalet ayant échappé à Shandara. Trop tard pour reculer, l’assaut est lancé. Les flèches et les javelots fusent mais blessent sans clouer définitivement les sentinelles. Un javelot perdu ira se planter dans un toit, passant sous les yeux d’un cadavre qui se met à hurler d’un cri strident, surnaturel, repris en cœur par les trois autres. Nos héros en sont passablement secoués. Conrad, Rufus et N’Goba en ont l’estomac tellement retourné qu’ils devront combattre avec la nausée au ventre.

Quatre autres lanciers nus surgissent des huttes accompagnés de leur chef. Ce dernier se rue avec deux de ses hommes sur Conrad qui s’était avancé à l’intérieur du camp. Mal leur en prend, Conrad leur assène sa toute nouvelle technique de balayage d’un revers de hache et fauche ses trois assaillants non sans avoir été blessé auparavant. Le reste prendra un peu plus de temps, les Caleds sont coriaces et par deux fois au moins les coups portés par Lexa leur donnent la hargne de se reprendre. Finalement Rufus tombe sur l’aile droite et deux lanciers s’enfuient alors que l’hallali sonne pour ceux au prise de Lexa, Shandara, N’Goba et Pontios qui brille par son inefficacité en craignant de flécher ses comparses engagés en mêlée sans avoir conscience que son frère se fait massacrer à l'autre bout du champ de bataille.

Conrad aura eu le temps de fracasser la cage pour en libérer Kara, une femme mire qui semble avoir été épargnée. Elle indique à Conrad la hutte où le chef semble avoir remisé ses affaires tandis que Lexa et Shandara se livrent à leur corps défendant à un travail de boucherie pour faire définitivement taire les corps torturés et hurlants sur les chevalets, percés de part en part par des lianes, Conrad refusant de s’approcher de ses abominations.

Kara s’apprête à demander qui requiert ses soins quand le brasier explose en une colonne de feu dépassant les arbres entourant la clairière. Un visage igné se dessine dans les flammes où Conrad reconnait les traits du chef qu’il a abattu. Une voix crépitante s’adresse à eux, chacun dans son langage maternel :

« Chiens sacrilèges, comment osez-vous entrer sur nos territoires et tuer le sang de mon sang ? Je jure qu’avant la pleine lune, j’aurai ma vengeance, et que vos têtes orneront mon Collier des morts. Gulta Morn a parlé ! »

Et soudain, avec un terrible hurlement s’élevant de la forêt alentours, le feu se transforme en cendres.

Partie 2 le 23 mars 2018 avec Conrad le barbare norlander, Garukh l'archer monté valk, Lexa l’amazone ascaïenne et Shandara Quinn la poétesse jalizarienne.
Garukh étant un nouveau PJ, on considère pour simplifier qu'il s'agit d'un Loup des Frontières en fin d'engagement. Il était présent depuis le début avec ses quatre comparses et a géré hors champ du récit les sentinelles à l'autre bout du village lors du précédent combat.

Scénario officiel. Ne pas lire si vous espérez le jouer.
Spoiler:
Après un instant de stupeur, Kara la mire se précipite au chevet de Rufus alors qu'il rend son dernier souffle. Elle parvient à le sauver in extremis. Il faudrait idéalement qu'il se repose mais ce n'est guère envisageable. Il devra voyager en s'appuyant lourdement sur son frère Pontios et il n'est pas dit que l'effort demandé pour rentrer au fort ne lui soit fatal. Puis la femme s'occupe des nombreuses blessures de Conrad et parvient à les refermer, notamment la plus grave (il perd son unique blessure mais est tailladé de partout).

Les compagnons décident de passer la nuit sur place plutôt que de courir nuitamment la forêt. Alors qu'ils entassent les cadavres tant des Caleds que de la défunte escorte de Kara dans la plus grande hutte avant d'y bouter le feu, les tambours de guerre se mettent à pulser dans la nuit alentours.

Au milieu du dernier tour de garde, des Caleds se sentant suffisamment en force passent à l'assaut punitif. Garukh est alors de faction avec Conrad et Pontios. Il repère le premier les adversaires alors que les sagaies se mettent à pleuvoir à la lueur déclinante du feu. Ses deux comparses n'auront pas le temps de réagir qu'il hurle déjà l'alarme en commençant à flécher les silhouettes indistinctes dans le noir alors que lui et ses compagnons se découpent à la lueur du feu. S'il arrive à en ralentir un, les traits adverses blessent cruellement l'autre Loup. Conrad reçoit sa part avec encore quelques blessures superficielles n'entamant pas son envie d'en découdre.

Dans la hutte où les autres dorment, Leus réagit le premier en bondissant souplement les armes à la main et n'a le temps que de se jeter en arrière quand une javeline fuse sous son nez, empêchant Shandara de sortir à sa suite. Lexa et N’Goba sont eux pris au dépourvu et il leur faut quelque temps pour émerger des brumes d'un lourd sommeil et réaliser ce qu'il se passe.

L'assaut est brutal. Conrad en se ruant sur la plus grosse concentration d'adversaires à gauche de leur hutte arrive à les fixer mais est rapidement submergé. Les coups s'enchaînent et il ne doit qu'à sa surprenante vigueur de ne pas tomber. Pue à peu on sent cependant qu'il s'essouffle et ne pourra plus encaisser indéfiniment. Il faudra l'adresse de Shandara et de N’Goba pour desserrer peu à peu le mortel étau. Conrad, exsangue, peine à se débarrasser par lui-même de ses adversaires mais il aura pu ainsi donner le temps nécessaire à ses alliés pour ne pas être pris au dépourvu.

Sur le flanc droit, Garukh bataille ferme le sabre court à la main, ayant dû laisser choir son arc quand les guerriers nus se sont jetés sur lui. Là également, il passe sont temps à encaisser des coups le laissant pantelant et à serrer les dents pour contenir la poussée malgré tout. S'il arrive à toucher quelques adversaires, ceux-ci semblent animés du même mépris de la douleur que Conrad et il peine à les mettre hors combat. Lexa viendra renforcer la ligne et le combat s'éternise, les forces des héros s'érodant peu à peu. Ce sont des clameurs victorieuses que poussent les Caleds de ce côté-ci, certains de leur proche victoire.

Mais sur l'aile gauche, c'est l'inverse. Si Conrad est cruellement affaibli, ce fut le pivot de la bataille sur lequel se sont appuyés Shandara et N’Goba, réduisant peu à peu le nombre de leurs adversaires de quelques coups bien placé, profitant que ceux-ci concentre leur effort sur le barbare qui vacille sans jamais tomber. Ce qui permet à Shandara de se ruer au secours de Lexa puis dans un second temps à Conrad et N’Goba de rallier Garukh, inversant les rapports de force pour obtenir la victoire décisive.

Mais le tribut est élevé. Conrad et Garukh sont à deux doigts de s'effondrer et Lexa ne vaut guère mieux. N’Goba est à peine plus vaillant que son frère et ils devront se soutenir mutuellement pour avancer. Bien qu'efficaces, les soins de Kara ne seront que partiels.

Avec les premières lueurs de l'aube, les compagnons prennent le chemin du retour cahin-caha sous une pluie soudaine et drue qui les transit jusqu'aux os. Lexa entre la pluie et son état perd rapidement ses repères et quitte leur piste initiale. Conrad est cependant en état de donner la direction générale à suivre pour retrouver les rives de la Hachedieu.

Lorsqu'enfin la pluie se transforme en simple crachin, personne ne songe à s'arrêter pour déjeuner, préférant mâcher quelque provision en continuant d'avancer au rythme lent des blessés, même Lexa qui commence à accuser de la fatigue à boiter sur la piste (et hop, une petite gemme bleue de Fatigue pour s'assortir au deux gemmes rouges de Blessure).

Dans un creux de terrain fangeux, une énorme main de boue se soulève après leur passage et s'abat sur Garukh qui ferme la marche, l'emprisonnant d'une poigne d'acier malgré l'avertissement tardif de Shandara. Alors que Conrad et Lexa se démènent pour tenter de tirer le pauvre Valk de sa fâcheuse situation en se coordonnant un minimum - tirer uniquement vers le haut et pas également par les jambes comme semblait le suggérer Shandara... - cette dernière finit par repérer une minuscule salamandre sur le dos de cette main au milieu des branches et des feuilles mortes et l'embroche de son épée manticore d'un coup d'une précision parfaite. Aussitôt, la main redevient boue et les compagnons se hâtent vers les hauteurs, laissant la fange de la cuvette derrière eux. La poétesse prendra soin d'écraser le corps de la bestiole sur place et d'en balancer la tête bien plus loin.

Le soir venue, le groupe atteint une immense clairière au centre de laquelle trône un chêne pluri-centenaire. Une aura de sérénité empreint les lieux et les voyageurs comprennent qu'ils ont atteints un havre sacré. Ce qui leur permet de prendre quelque repos pour cette nuit. Mais auparavant, ils sont intrigués par une cuvette naturelle dans une cavité formée entre le tronc et une maîtresse branche s'étant à moitié arrachée sous son poids il y a longtemps. Une eau d'un vert profond y stagne sans qu'aucun déchet n'en trouble la surface. Shandara toujours aussi curieuse ne peut s'empêcher de l'observer de plus près.

Elle se faufile entre les rideaux de feuilles de saules pleureurs. Peu à peu, les ramures deviennent affûtés, lui éraflant les mains et les avant-bras qu'elle utilise pour écarter les pans de feuillage. Et avec la douleur vient une peur irrationnelle. Prisonnière d'un dôme de verdure, l'escrimeuse n'ose plus s'approcher de la frondaison, reculant peu à peu jusqu'à buter sur le tronc et se retourner pour voir un cœur palpiter sous l'écorce...

La poétesse saisit d'une angoisse terrible fait un bond en arrière et retombe sur ses fesses au pied du chêne, rapidement entourée de ses compagnons auxquels elle fait un récit confus de sa vision. Mais dans le même temps Lexa s'était penchée aussi sur la cavité et elle semble toujours en transe...

Elle ne perçoit plus son corps et sa vision est étrangement altérée dans la nuit. Elle se faufile entre des buissons et aperçoit l'entrée d'une cavité naturelle. Des feuilles s'y sont amassées, poussées par le vent. Elle cherche instinctivement refuge à l'intérieur et alors qu'elle progresse lentement à l'intérieur, elle prend conscience de runes bizarres peintes sur les parois. Un vieil homme est assis en tailleur au centre de la grotte, semblant dormir ou méditer. S'approchant de plus près pour discerner ses traits malgré l'absence totale de lumière, Lexa croit y reconnaître ceux du chef Caled ayant enlevé Kara mais en plus vieux. La certitude lui vient que c'est celui apparu au sein de la colonne de feu. Hypnotisée, elle ne voit maintenant plus que ce visage en gros plan, le reste est totalement perdu dans l'obscurité. Quand celui-ci ouvre les yeux. Des yeux jaunes. Avec une iris verticale.

L'amazone se met à hurler, tombe prostrée au sol en se cachant les yeux avant de les découvrir et de se redresser paniquée pour observer frénétiquement les alentours. (la joueuse me demandait peu avant si on pouvait "gagner" des handicaps, un petit jet de Terreur plus tard et hop, un phobie mineure des yeux qui brillent dans la nuit)

Conrad refuse de s'approcher de l'arbre. Garukh ne pouvant faire moins que les deux femmes décide de contempler à son tour la surface du miroir aqueux. Sa vision est semblable à celle de Shandara. Il l'aperçoit d'ailleurs au début qui le précède sous les dômes des saules pleureurs avant de la perdre de vue. Les mêmes coupures. La même angoisse sourde. Le cœur palpitant dans le tronc. Mais prévenu, il arrive à se contrôler et reprendre ses sens sans démonstration de nervosité.

La nuit se passe sans histoire et se révèle reposant dans l'épaisse herbe accueillante.

Aux premières lueurs de l'aube, les héros se remettent en route. De temps à autre ils soupçonnent plus qu'ils n'entraperçoivent la présence d'un Caled. Les tambours battent de nouveau. Pas de doute que ceux-ci attendent d'être en nombre pour lancer un nouvel assaut décisif.

En traversant une clairière, le groupe tombe sur une tête plantée sur un pieu. Ils reconnaissent le visage en partie calciné de l'un des gardes d'escorte de Kara qui les apostrophe en ces termes :
"Arrêter d'essayer de vous sauver. Vous serez bientôt ajoutés au Collier des morts comme je l'ai été. Vous ne pouvez échapper à Gulta Morn !"

Devant l'air paniqué des ses compagnons, et plus spécialement celui de Conrad, Shandara prend sur elle pour trancher la tête qui explose littéralement, la couvrant de sanies et d'esquilles d'os sans heureusement la blesser puis d'un ton très calme que l'on prend habituellement pour les enfants terrifiés s'adresse au groupe pour le rassurer.

Partie 3 et fin le 6 avril 2018 avec Conrad le barbare norlander, Garukh l'archer monté valk, Lexa l’amazone ascaïenne et Shandara Quinn la poétesse jalizarienne.

Scénario officiel. Ne pas lire si vous espérez le jouer.
Spoiler:
Les compagnons reprennent leur route. Arrivant devant une sauleraie aux dômes majestueux, ils se rappellent la vision partagée par deux d'entre eux et décident de s'encorder afin de ne pas être séparés par quelque artifice en passant les rideaux de feuillage. Les voici donc progressant en file, Conrad en tête suivi de Leus, Shandara, Kara. Les frères Pontios et Rufus titubent derrière de concert, se soutenant mutuellement et incapable de se battre avec Lexa à leur suite qui est sérieusement blessée également la patte. N'Goba et Garukh, ce dernier légèrement blessé, ferment la marche.

Les tambours toujours pulsent en fond, changeant de temps à autre de rythme et de motif. Les héros prennent conscience que des informations sont ainsi échangées mais elles leur restent incompréhensibles. Et toujours cette absence totale de bruit animal, cette bruine légère les transissant jusqu'au os en cette fin d'été. Ce qui plombent d'avantage encore le moral, bien entamé par les blessures, la fatigue et la tension. (plus aucun Jeton autour de la table !)

Le soleil a déjà eu le temps de parcourir une main et toujours les arbres se succèdent, la nervosité monte, épuisante, dans l'attente d'un quelque chose qui tarde. Quand soudain semblant se détacher des troncs des guerriers caleds enduits de vert et couverts de feuillage se ruent sur la file en brandissant leur hachette de pierre, la prenant au dépourvu. Déjà quatre adversaires engagent Conrad, Leus, Shandara et Garukh, visant les plus valides. La surprise et la sauvagerie de l'attaque est dévastatrice : si Conrad encaisse avec peine, Leus est mis immédiatement hors combat tandis que Shandara est grièvement blessée. Seul Garukh qui avait eu la vision a réalisé l'imminence de l'attaque et a eu le temps de se mettre en garde, amortissant le coup qui lui est destiné mais peinant à prendre l'initiative.

Avant que les compagnons ne se ressaisissent, les guerriers sève redoublent leur assaut, deux nouveaux sortant d'arbres déjà utilisés accrochant Lexa et N'Goba. La première arrive d'un entrechat à éviter la charge mais le second s'écroule la mâchoire en sang. Conrad a maintenant deux adversaires qui le prennent en tenaille sans résultat probant, déviant leurs coups pour les vider de leur puissance quand ils arrivent à toucher. Il tente une grande attaque circulaire sans effet. L'adversaire de Shandara évalue d'un coup d'œil les autres menaces alentours : la mire s'est laissée tomber au sol en suffocant de sanglots et les deux frères norlanders ne sont clairement pas en état de brandir une arme. Il se décide à achever la poétesse qui esquive désespérément, se tenant le flanc sans arriver à se reprendre pour saisir une opportunité de frapper en retour. Lexa s'est placée en défense mais son adversaire la harcèle suffisamment pour arriver à porter un coup. L'Amazone déjà mal en point est maintenant grièvement blessée. Garukh quand a lui se retrouve maintenant au prise de son propre adversaire mais également de celui qui vient d'abandonner N'Goba inconscient. Il arrive à faire reculer l'un de ses adversaire avant d'être lui-même contraint à la défensive.

L'espoir s'amenuise. Shandara et Lexa se concentrent sur leur esquive sans se reprendre suffisamment pour profiter des rares ouvertures dans la défense adverse. (Secouées avec 3 Blessures, dur d'en sortir !) Garukh au terme de plusieurs échanges arrive à se tenir la cadence face à ces deux adversaires mais plusieurs fois sa blessure le gène, lui coupant l'allonge nécessaire pour porter des coups décisifs. Conrad de son côté est assailli de face et de dos, son adversaire profitant qu'il soit focalisé sur son comparse pour tenter une attaque sauvage. Le barbare arrive encore une fois en se retournant à amortir le coup qui lui meurtri l'épaule et profitant que le guerrier sève soit fendu en avant pour lui défoncer les côtes d'un revers, tranchant au passage sans s'en apercevoir la corde qui le lie encore à Leus au sol.

Le status quo persiste encore un peu. Lexa coupe la corde la tirant en arrière pour contourner les deux frères afin de souffler. Son adversaire loupe l'opportunité ainsi offerte et décide que tant qu'à achever les blessés, autant commencer par les plus près mais rate également Pontios. Shandara, une main toujours pressé sur son flanc sanglant et son épée manticore levée semble toujours danser autour de son adversaire qui en comparaison paraît pataud. Garukh est une nouvelle fois secoué mais tient bon. N'ayant plus qu'un adversaire, Conrad est de nouveau touché, s'ébroue alors que le sang lui monte au cerveau et dans un coup dévastateur rembourse son adversaire au centuple. Pivotant sur ses talons, il se tourne vers le reste de la colonne et se rue au côté de Shandara.

L'espoir renait alors (d'autant que Lexa vient de tirer un Joker conférant un précieux Jeton à chacun). Les blessés reprennent du poil de la bête tandis que Conrad abat les adversaires l'un après l'autre en descendant la colonne. Alors que Garukh achève enfin l'un de ses adversaires, le dernier survivant disparaît littéralement dans le tronc voisin. C'est sans compter sur le barbare qui frustré porte un grand coup de hache sur l'arbre, l'abattant dans un grand crac sonore alors que le guerrier sève en est éjecté.

L'affrontement étant passé, Kara retrouve instantanément son calme pour s'occuper avec beaucoup de douceur et de professionnalisme des blessés. Elle arrive à ranimer Leus, panser avec succès Shandara et recoudre Lexa. Elles sont encore en état sérieux mais ne menacent plus de s'effondrer d'un instant à l'autre. Des cinq Loups de la Frontière, seul Garukh est encore vaillant. Avec la reprise des tambours, les compagnons remarquent qu'ils s'étaient tus le temps de l'affrontement.

Les cordes sont dénoués et récupérées, plus personne n'acceptant de restreindre à nouveau ses mouvement. Il faudra encore une bonne heure pour traverser la sauleraie et arriver sur les berges de la Hachedieu. Le fleuve après les pluies diluviennes est en crue. Un arbre est emporté sous leurs yeux à la vitesse d'un cheval au galop. Il semble évident que le groupe est en amont du Fort Vanguard situé sur l'autre rive et que le niveau de l'eau est trop haut pour que le bac soit utilisable. Décision est prise de construire un radeau. Conrad y excelle et il garantit que l'ouvrage est bien plus solide qu'il n'en a l'air. Durant tout ce temps, chacun se sent épié. Les Caleds semblent attendre d'avoir rameuté suffisamment de monde pour lancer l'assaut final qui se déclenchera au moment où le groupe jette l'embarcation de fortune à flot, pagayant à l'aide de branches feuillus. Un déluge de sagaie s'abat tout autour et sur le pont mais fort heureusement ne touche personne. Ce n'est pas moins d'une quarantaine de guerriers qui trépignent de frustration sur la berge alors que leur embarcation est happée par le courant si rapidement qu'ils n'ont pas le temps d'envoyer une seconde volée.

Enfin sauvés ! Il n'y a plus qu'à se laisser porter par le courant en infléchissant la course vers la rive droite.

Mais un peu plus loin un nuage d'encre semble assombrir l'eau qui commence à former un immense tourbillon. Lexa ayant des rudiments de navigation guide la manœuvre pour frôler le maelstrom du bon côté et s'en servir de fronde. Le positionnement est parfait et maintenant Conrad mène la cadence des rameurs. Les gens épuisés par leurs blessures lui sont d'une piètre assistance. Lexa désirant corriger légèrement le cap bafouille des indications contradictoires sous la tension et c'est le drame (double 1 au test de coopération de l'Amazone, le 4 de Conrad passe à 3...). Le radeau craque un premier coup mais tient bon alors qu'il commence à pencher vers le gouffre puis bascule en se disloquant.

Conrad aura le réflexe d'attraper Kara et un épars. Les autres s'accrochant également à des débris dans la mesure du possible. Seule Lexa arrivera à ne pas boire la tasse et arrivée sur la rive droite, elle arpente ce qui tient lieu de rive pour retrouver ses compagnons groggy mais indemnes avec l'aide d'une Kara crachouillante sans dégâts notables. Des cinq Loups de la Frontière, seul Garukh a survécu, vomissant l'eau boueuse du fleuve.

Le groupe estimant qu'il n'est plus trop éloigné du fort mais pas en état de transporter les cadavres refuse de les abandonner ainsi et prennent une petite heure pour les hisser sur la terre ferme et les mettre temporairement à l'abri des bêtes sauvages en attendant d'envoyer du monde les rechercher pour leur offrir une sépulture décente.

Puis il se remet en route et peu avant le crépuscule le fort leur apparaît au loin, respirant la quiétude, un doux panache de fumée leur laissant espérer de la chaleur, du sec et une nourriture chaude. Lexa en salive d'avance à haute voix au bénéfice de ses compagnons.

Face au pont enjambant le fossé, force est de constater qu'aucune sentinelle ne monte la garde sur les rempart et que le portail est entrouvert. L'odeur de grillade est bien présente malgré la fumée s'atténuant. C'est avec circonspection et crainte pour leurs compagnons restés en arrière (qui Valdina, qui Zelfim, qui son poney des steppes...) que le groupe passe les battants.

Au milieu de la cour trône un tas de cadavres à moitié démembrés, à moitié brûlés. La faim que les compagnons avaient au ventre se transforme en brûlure acide. Shandara titube sur le côté pour vomir le long de la palissade. Conrad verdâtre et inquiet avance vers le tas espérant ne pas y apercevoir Valdina ou Zelfim mais ne pouvant en détacher son regard. Lexa suivie de la mire va voir si il y a du monde dans le puit dans le coin entre le corps principal faisant face à la porte et les dépendances à main droite. Garukh fait trois pas pour les suivre mais ne peut s'empêcher de couler un œil vers les portes de l'écurie sur l'aile opposée.

Ces dernières s'écartent en grinçant, révélant un énorme ours noir du Nord qui se met débout, la tête à hauteur du chemin de ronde ceinte d'un collier de crânes humains et gronde de colère.

Shandara en ravale sa bile et clopine vers ses camarades, interposant le charnier entre bête et elle. Conrad saisit la main de Kara pour l'entraîner vers la tour de garde au coin le plus proche suivi de Lexa. Garukh qui avait déjà une de ses rares flèches déjà encoché fait un tir réflexe contre le plantigrade et vient la lui planter au défaut de l'épaule. Le bestiau grogne de rage et se laisse retomber sur ses pattes sans toutefois prendre appui sur celle blessée.

Lexa a remarqué la présence d'une baliste sur pivot dans chacune des quatre tours mais cela bouchonne rès de l'échelle. Le barbare atteint l'étage du chemin de ronde avec la mire. La poétesse voyant cela file se réfugier dans le corps central où tout est saccagé, quelques menus morceaux de cadavre gisant encore par-ci par-là. L'odeur du charnier étant atténuée, elle arrive à se reprendre de sa nausée. Garukh fait un nouveau tir qui s'il touche semble peut affecter le quadrupède qui se dirige résolument vers lui.

Voyant cela et comprenant que la bête est plus rapide que lui il décide de décocher sa dernière flèche ayant survécu au naufrage tout en se rabattant vers la tour. Conrad et la mire s'engage sur le chemin de ronde au dessus des dépendances avec pour idée de rallier la seconde tour et sa baliste. Lexa en profite pour atteindre l'étage haut et jeter un coup d'œil à l'engin. La bête, reprenant ses esprits charge vers le barbares, grimpant sur la bâtiment comme s'il se fut agit d'un simple talus. Les tuiles se dérobant sous ses pattes la retarde suffisamment pour ne pas pouvoir griffer le Norlander. La jeune femme qui l'accompagne se laisse tomber au sol en sanglotant, se tassant le long de la palissade. Shandara quand à elle commence à se diriger vers la troisième tour qui communique avec le bâtiment où elle s'est réfugiée.

La situation devient rapidement confuse tandis que Lexa mouline pour armer l'engin et que Garukh place le carreau, Conrad tente de repousser le monstre à grand coup de hache sur le mufle sans effet notoire. Ce dernier prend patte sur le chemin de ronde et d'un revers fait tituber son adversaire en arrière, lui laissant quatre belles balafres parallèles heureusement peu profondes. Un premier carreau tiré par Garukh vient se ficher dans les reins de la bête tournées vers le barbare. Aussitôt Lexa commence à recharger en un temps record, galvanisée par le cri de douleur de l'animal et y arrive en un temps record tandis que le Norlander tient difficilement tête à l'ours qui l'a acculé contre la tour et assène un coup faisant volant un montant de bois. La bête se relève pour porter un nouveau coup en tombant de tout son poids sur son adversaire. Conrad connaît la manœuvre, l'ayant vécu il y a peu et ne devant la vie qu'à Zelfim. Un sursaut et la bête ouvre démesurément la gueule comme pour lui arracher la tête à coup de crocs, dardant une langue noire et pointue de plus d'un pied de long, dégoulinante de sang, à la forme étrangement géométrique. La bête semble se laisser choir en position assise puis bascule sa tête en avant avec le reste du carreau de baliste dépassant de la nuque. Derrière dans la tour Lexa et Garukh sont en liesse.

Le temps de réaliser que la bête est morte qu'une rumeur lointaine attire leurs regards vers le Nord Ouest. Des hauteurs du Fort on aperçoit au loin la Forêt Noire et les nuées d'oiseaux qui s'en égayent en tout sens, semblant pris de panique, premier signe de vie animale que constatent les survivants.

Le druide est mort avec l'ours auquel il avait lié son esprit mais cela, les compagnons n'en sauront rien. Les Caleds retiendront cependant leur nom.

Sur ce, Zelfim ramène Valdina fiévreuse affaissée sur le poney de Garukh. Le Tricanien pris d'un sombre pressentiment avait trouvé refuge dans les bois avoisinants malgré la quarantaine.

Kara prépare l'antidote à la fièvre blafarde pour les rares survivants en attendant l'arrivée de la relève.
Modifié en dernier par XOdeVorcen le 10 avril 2018, 10:48, modifié 21 fois.

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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par XOdeVorcen » 13 mars 2018, 20:09

XOdeVorcen a écrit :
12 décembre 2017, 17:27
(...) (...)
Ci-dessus les liens ajoutés dans le premier message vers la feuille de personnage que j'ai faite et impose pour me faciliter la vie ainsi que la liste des Atouts et Handicaps.

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XOdeVorcen
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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par XOdeVorcen » 14 mars 2018, 16:00

Ajout dans le premier message d'une vidéo.
XOdeVorcen a écrit :
12 décembre 2017, 17:27
(...)
  • Vidéo de présentation. C'est en anglais mais les images donnent bien le ton de l'univers. Pour ma part je fais jouer avec la version française.
(...)
Il s'agit de la promotion de la Steel Edition (v2). Nous jouons dans la Gold Edition (v1) qui a été traduite en français et les deux éditions sont compatibles entre elles.
Modifié en dernier par XOdeVorcen le 26 mars 2018, 09:58, modifié 3 fois.

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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par Dyce » 24 mars 2018, 00:53

Alors......C'est QUI LE PATRON !!!! :mrgreen:

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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par necraque » 24 mars 2018, 00:56

clairement
entre le MJ et la poétesse breteuse
ont a eu droit a des lancer de dès incroyables
belle aventure, merci encore
vivement la suite.

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Flyxel
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Re: [B&B] Beasts & Barbarians

Message par Flyxel » 31 mars 2018, 12:30

j'adore relire nos aventures, ça rend tellement épique sous la plume de Xodevorcen! :D

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