Quand j’ai préparé le scénario précédent, Zoé devait être présente. Son absence au dernier moment m’a quelque peu pris de court et j’ai dû conserver sous le coude quelques bricoles que j’avais préparées. Comme le contexte ne se prête pas à pouvoir les replacer ultérieurement, j’ai décidé d’écrire une micro nouvelle et de préparer la prochaine aventure qui devrait être jouée en deux séances dont au moins la première sans Valdina. J’emprunte un peu leur personnage aux Joueurs et j’espère ne pas les dénaturer. Si tel était le cas, je corrigerai le récit pour aller dans le sens de la vision qu’ils en ont.
Peut être lu sans soucis.
Spoiler:
Depuis la palissade du Fort Vanguard, Valdina regarde Conan descendre la sente menant au bac reliant les rives de la Hachedieu, le fleuve séparant les Terres Frontières de son natal Nordeim. Ce dernier est sous haute surveillance afin de prévenir tout raid armé nordlander, rôle échu à la garnison locale.
Le groupe s’est donné rendez-vous ici même à la seconde pleine lune, le temps pour Conrad de visiter sa famille et pour Lexa l’Amazone d’enseigner quelques rudiments de défense à une femme maltraitée par son époux. Sans la présence d’un garant en ces lieux, il est probable que Conrad se fasse refouler faute de marchandises justifiant son retour de ce côté-ci de la frontière.
Quand enfin le barbare disparait en s’enfonçant entre les arbres du rivage opposé, Valdina décide de profiter du reste de la journée ensoleillée. Bien moins brutal que chez elle, le soleil est ici plus sournois : il chauffe d’un côté laissant l’autre au frais, ne monte jamais tout à fait au zénith tout en cuisant la nuque ou éblouissant et surtout se lève plus tôt et se couche bien plus tard que dans la Savane d’Ivoire, laissant Valdina éreintée par la longueur des jours et la fraîcheur des nuits.
Pendant deux jours elle visite les environs, découvrant une faune variée, des plantes pleines de promesses gustatives ou curatives et surtout prenant grand plaisir à s’aventurer sous les frondaisons des géants. Chez elle, les arbres sont plutôt rares et disséminés et nul ne s’aventure volontiers dans la jungle au Sud, territoire des redoutables pygmées. Elle retrouve ici les mastodontes végétaux de son rêve récurrent, de sa vision.
Mais rapidement le soir au Fort, le regard des hommes commence à lui peser. Si sa couleur de peau a quelque peu surpris au début, sa féminité dans ce monde masculin d’exilés volontaires – cinq ans de service pour gagner une terre a-t-elle compris – lui attire rapidement des attentions indésirables quoique contenues pour le moment.
C’est ainsi qu’au troisième sur une imulsion la chasseuse emprunte à son tour le bac, se lançant sur les traces de Conrad, espérant le rattraper avant que sa piste ne refroidisse, profitant dans l’intervalle de sa solitude.
Après des jours Valdina doit reconnaître à contrecœur que si elle a pratiquement comblé son retard, cela lui a pris trois fois le temps qu’elle pensait. Quand elle marchait avec Conrad, celui-ci ménageait des pauses régulières. Chez elle, la chasseuse était une marcheuse infatigable se réglant sur le lever et le coucher du soleil. Ici elle a simplement présumé de ses forces sans tenir compte de la longueur des jours.
C’est donc épuisée qu’enfin elle l’aperçoit dans un paysage de colline sur la crête suivante aux prises avec des agresseurs. Le temps de rejoindre les lieux de la bataille que Conrad et son compagnon ont déjà disparu. La chasseuse regarde les corps. On les dirait moitié hommes, moitié singes. Ils portent des peaux de bête et des gourdins. Avant même d’avoir pu relever les traces de son ami, Valdina entend des pas s’approcher. À peine a-t-elle le temps de mettre à couvert qu’une quinzaine de ces créatures arrivent à leur tour sur les lieux avec forces grognements. Ils étudient le sol puis commencent à suivre le sentier. La chasseuse décide de les suivre à distance et en parallèle, un fort contingent semblant arriver à son tour.
Bien lui en a pris car cela lui permet de tomber sur la piste de Conrad et son compagnon blessé quand ils ont quitté la piste. Les hommes singes continuent sur le chemin sans s’apercevoir que leur proie l‘ont quitté. Mais les impératifs de prudence lui ont fait perdre une bonne heure.
Une étrange attente fiévreuse s’empare de la fière guerrière alors qu’elle grimpe une colline. Peu à peu le paysage gagne en familiarité, se mettant en place comme dans un rêve. Ou plutôt comme dans son rêve. Le sommet atteint, tout est là : la rivière qui serpente tranquillement, la maison nichée dans une boucle avec son jardin accolé. Il faut quelques instants à Valdina pour faire la part des choses. La maison n’est pas intacte mais au deux-tiers détruites par un incendie ancien et le potager n’est plus entretenu, la nature ayant déjà en grande partie repris ses droits. La tombe qui le jouxte n’était pas dans sa vision non plus.
C’est en proie au vertige que Valdina visite les vestiges. Ici un combat récent avec un fauve gigantesque qui avait dû faire de la ruine son repaire. Là un peu de charpie sanglante laissant à penser que les hommes ont eu le temps de se soigner avant de reprendre leur route. Le fumet de la bête est suffocant, la poussière danse dans les rayons du soleil…
La chasseuse reprend conscience face contre terre, agitée de frémissements. Elle se relève toute courbaturée et c’est titubante qu’elle commence à suivre la rivière. Des clameurs au loin attirent son attention. Se cachant de son mieux, elle voit de loin Conrad avec sept compagnons menant grand battage. Elle voudrait les rejoindre mais des hommes singes sont entre elle et eux. Une nouvelle fois elle progresse en parallèle, devant même franchir la froide rivière qui fait quelque peu baisser sa fièvre, lui rendant un semblant de lucidité. Se guidant sur les cris des traqueurs, elle entraperçoit une fois le groupe. Il ne semble être plus que trois. Il est maintenant clair qu’il ballade leurs poursuivants, les attirant plus avant vers les hauteurs. Ayant compris cela, Valdina s’empresse de couper pour tenter une jonction sans avoir à traverser les lignes des créatures.
Alors qu’elle est sur un surplomb, elle distingue en contrebas des hommes singes échelonnés pour rabattre leurs gibiers. Quand le groupe de barbare cherchent à passer, Valdina voit le plus proche se préparer à donner l’alarme pour rameuter ses compagnons. Profitant de sa position surélevée, elle prépare une javeline sur son propulseur. Alors qu’elle se tend en arrière pour donner de la puissance à son trait, une flèche traverse la sentinelle à la gorge. Valdina en cherchant l’origine a à peine le temps d’entrapercevoir un colosse, un homme et une femme disparaître sous les couverts. Comme elle ils semblent chercher à éviter la meute. Comme elle, ils semblent favoriser les proies alors qui disparaissent par un col.
La chasseuse reste embusquée sur son surplomb à contempler la tribu d’hommes bêtes passer peu à peu.
Elle se réveille en sursaut alors qu’un linge frais vient lui baigner le front. Elle est de retour dans la ruine. Elle ignore comment. Conrad s’active à ses côtés. Il est venu accomplir les rites funéraires sur la tombe de sa femme et de sa fille et a eu la stupeur de retrouver Valdina fiévreuse sur la litière de l’ourse. Trois jours se sont passés depuis la grande traque dont Valdina n’a aucun souvenir.
Le barbare ramène au hameau une chasseuse très affaiblie et c’est non sans inquiétude qu’il la confie à la guérisseuse. Celle-ci se veut rassurante. L’étrangère souffre d’une affection bénigne touchant généralement les enfants en début de mauvaise saison.
C’est ainsi qu’après une lune sur place, le groupe enrichi de Zelfim, un Tricanien soucieux de rejoindre la civilisation, prend la route du Fort Vanguard pour leur rendez-vous avec Lexa et Shandara Qween.
Valdina semble remise quoiqu’encore un peu faible. Des bribes commencent à remonter peu à peu de ses trois jours de fièvre mais encore trop indistinctes. Aurait-elle eu une nouvelle vision venue chassée la précédente ?
Le groupe s’est donné rendez-vous ici même à la seconde pleine lune, le temps pour Conrad de visiter sa famille et pour Lexa l’Amazone d’enseigner quelques rudiments de défense à une femme maltraitée par son époux. Sans la présence d’un garant en ces lieux, il est probable que Conrad se fasse refouler faute de marchandises justifiant son retour de ce côté-ci de la frontière.
Quand enfin le barbare disparait en s’enfonçant entre les arbres du rivage opposé, Valdina décide de profiter du reste de la journée ensoleillée. Bien moins brutal que chez elle, le soleil est ici plus sournois : il chauffe d’un côté laissant l’autre au frais, ne monte jamais tout à fait au zénith tout en cuisant la nuque ou éblouissant et surtout se lève plus tôt et se couche bien plus tard que dans la Savane d’Ivoire, laissant Valdina éreintée par la longueur des jours et la fraîcheur des nuits.
Pendant deux jours elle visite les environs, découvrant une faune variée, des plantes pleines de promesses gustatives ou curatives et surtout prenant grand plaisir à s’aventurer sous les frondaisons des géants. Chez elle, les arbres sont plutôt rares et disséminés et nul ne s’aventure volontiers dans la jungle au Sud, territoire des redoutables pygmées. Elle retrouve ici les mastodontes végétaux de son rêve récurrent, de sa vision.
Mais rapidement le soir au Fort, le regard des hommes commence à lui peser. Si sa couleur de peau a quelque peu surpris au début, sa féminité dans ce monde masculin d’exilés volontaires – cinq ans de service pour gagner une terre a-t-elle compris – lui attire rapidement des attentions indésirables quoique contenues pour le moment.
C’est ainsi qu’au troisième sur une imulsion la chasseuse emprunte à son tour le bac, se lançant sur les traces de Conrad, espérant le rattraper avant que sa piste ne refroidisse, profitant dans l’intervalle de sa solitude.
Après des jours Valdina doit reconnaître à contrecœur que si elle a pratiquement comblé son retard, cela lui a pris trois fois le temps qu’elle pensait. Quand elle marchait avec Conrad, celui-ci ménageait des pauses régulières. Chez elle, la chasseuse était une marcheuse infatigable se réglant sur le lever et le coucher du soleil. Ici elle a simplement présumé de ses forces sans tenir compte de la longueur des jours.
C’est donc épuisée qu’enfin elle l’aperçoit dans un paysage de colline sur la crête suivante aux prises avec des agresseurs. Le temps de rejoindre les lieux de la bataille que Conrad et son compagnon ont déjà disparu. La chasseuse regarde les corps. On les dirait moitié hommes, moitié singes. Ils portent des peaux de bête et des gourdins. Avant même d’avoir pu relever les traces de son ami, Valdina entend des pas s’approcher. À peine a-t-elle le temps de mettre à couvert qu’une quinzaine de ces créatures arrivent à leur tour sur les lieux avec forces grognements. Ils étudient le sol puis commencent à suivre le sentier. La chasseuse décide de les suivre à distance et en parallèle, un fort contingent semblant arriver à son tour.
Bien lui en a pris car cela lui permet de tomber sur la piste de Conrad et son compagnon blessé quand ils ont quitté la piste. Les hommes singes continuent sur le chemin sans s’apercevoir que leur proie l‘ont quitté. Mais les impératifs de prudence lui ont fait perdre une bonne heure.
Une étrange attente fiévreuse s’empare de la fière guerrière alors qu’elle grimpe une colline. Peu à peu le paysage gagne en familiarité, se mettant en place comme dans un rêve. Ou plutôt comme dans son rêve. Le sommet atteint, tout est là : la rivière qui serpente tranquillement, la maison nichée dans une boucle avec son jardin accolé. Il faut quelques instants à Valdina pour faire la part des choses. La maison n’est pas intacte mais au deux-tiers détruites par un incendie ancien et le potager n’est plus entretenu, la nature ayant déjà en grande partie repris ses droits. La tombe qui le jouxte n’était pas dans sa vision non plus.
C’est en proie au vertige que Valdina visite les vestiges. Ici un combat récent avec un fauve gigantesque qui avait dû faire de la ruine son repaire. Là un peu de charpie sanglante laissant à penser que les hommes ont eu le temps de se soigner avant de reprendre leur route. Le fumet de la bête est suffocant, la poussière danse dans les rayons du soleil…
La chasseuse reprend conscience face contre terre, agitée de frémissements. Elle se relève toute courbaturée et c’est titubante qu’elle commence à suivre la rivière. Des clameurs au loin attirent son attention. Se cachant de son mieux, elle voit de loin Conrad avec sept compagnons menant grand battage. Elle voudrait les rejoindre mais des hommes singes sont entre elle et eux. Une nouvelle fois elle progresse en parallèle, devant même franchir la froide rivière qui fait quelque peu baisser sa fièvre, lui rendant un semblant de lucidité. Se guidant sur les cris des traqueurs, elle entraperçoit une fois le groupe. Il ne semble être plus que trois. Il est maintenant clair qu’il ballade leurs poursuivants, les attirant plus avant vers les hauteurs. Ayant compris cela, Valdina s’empresse de couper pour tenter une jonction sans avoir à traverser les lignes des créatures.
Alors qu’elle est sur un surplomb, elle distingue en contrebas des hommes singes échelonnés pour rabattre leurs gibiers. Quand le groupe de barbare cherchent à passer, Valdina voit le plus proche se préparer à donner l’alarme pour rameuter ses compagnons. Profitant de sa position surélevée, elle prépare une javeline sur son propulseur. Alors qu’elle se tend en arrière pour donner de la puissance à son trait, une flèche traverse la sentinelle à la gorge. Valdina en cherchant l’origine a à peine le temps d’entrapercevoir un colosse, un homme et une femme disparaître sous les couverts. Comme elle ils semblent chercher à éviter la meute. Comme elle, ils semblent favoriser les proies alors qui disparaissent par un col.
La chasseuse reste embusquée sur son surplomb à contempler la tribu d’hommes bêtes passer peu à peu.
Elle se réveille en sursaut alors qu’un linge frais vient lui baigner le front. Elle est de retour dans la ruine. Elle ignore comment. Conrad s’active à ses côtés. Il est venu accomplir les rites funéraires sur la tombe de sa femme et de sa fille et a eu la stupeur de retrouver Valdina fiévreuse sur la litière de l’ourse. Trois jours se sont passés depuis la grande traque dont Valdina n’a aucun souvenir.
Le barbare ramène au hameau une chasseuse très affaiblie et c’est non sans inquiétude qu’il la confie à la guérisseuse. Celle-ci se veut rassurante. L’étrangère souffre d’une affection bénigne touchant généralement les enfants en début de mauvaise saison.
C’est ainsi qu’après une lune sur place, le groupe enrichi de Zelfim, un Tricanien soucieux de rejoindre la civilisation, prend la route du Fort Vanguard pour leur rendez-vous avec Lexa et Shandara Qween.
Valdina semble remise quoiqu’encore un peu faible. Des bribes commencent à remonter peu à peu de ses trois jours de fièvre mais encore trop indistinctes. Aurait-elle eu une nouvelle vision venue chassée la précédente ?